le journal de christophe p 38Carnet de bal de Christophe P.

Chapitre 38 : Des buffets, des jeux et le cirque permanent

    Depuis mon accession au trône, mes sujets peuvent constater avec quelle facilité je dilapide leur argent en communication et publicité de toute sorte. Il est un autre domaine dans lequel j’excelle depuis deux ans. Je suis en effet passé maître dans l’organisation de buffets, spectacles et autres évènements sportifs ou festifs. La liste de ces ripailles et autres galas est tellement longue qu’il serait impossible d’en dresser l’inventaire. Ainsi, les élus municipaux de mon canton reçoivent régulièrement un carton d’invitation pour le vernissage d’une exposition, une réunion d’information ou encore la présentation d’un nouvel ambassadeur sportif jurassien, rencontres systématiquement suivies d’un petit buffet… Tous les prétextes sont bons pour accueillir mes électeurs potentiels dans l’enceinte de mon Palais !

    Il y a quelques mois, j’ai ainsi convié une centaine de Maires à l’Hôtel du Département pour une réunion suivie d’une copieuse collation au frais du contribuable. Le lendemain, un de mes convives publiait ce commentaire élogieux sur ma page Facebook : « J’y étais, très intéressant et un beau buffet pour finir... » A ces louanges, une lectrice répondait : « Attention : Crise.! Ne dépenser pas trop en petits fours, vous risquez de fâcher terriblement les gens qui croient en vous ! Pensez aux gens qui n'ont pas vos moyens ! C'est une des choses que je ne comprends pas chez les socialistes... Please, prouvez moi que j'ai tort... »

   En réponse, je répliquais à cette insolente : « Vous avez cent fois tort ! Les petits fours c'est quoi ? Des emplois pour faire les petits fours, des emplois pour servir les petits fours... Ces gens qui travaillent chez les traiteurs ou dans la com valent- ils moins que les autres ? Non ! Ces budgets sont utiles, le tout est de rester dans la mesure, c'est ce que je fais. »

    J’ajoutais avec mon assurance habituelle : « Croyez-moi les finances du conseil général sont saines comme jamais. Rigueur, responsabilité, vous pouvez me faire confiance... Je sais que la crédibilité passe par la gestion. Je serai au rendez-vous de la bonne gestion... Avec les petits fours !» N’en déplaise donc aux grincheux, j’assume parfaitement ce privilège lié à la fonction de président du conseil général de pouvoir convier mes électeurs à ripailler avec l’argent des contribuables.

      Voilà une propension à la dépense que je ne partage pas avec un autre grand Président Jurassien : Jules Grévy. Il est en effet de notoriété publique que celui qui fut locataire du Palais de l’Elysée entre 1879 et 1887 était d’une grande avarice...

 

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