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En plein matraquage fiscal, le cabinet

du président Perny ne connaît par la crise !

   Les dépenses du cabinet du président du conseil général du Jura pourraient avoir progressé de 20 % en 2013. C’est ce qui ressort d’un document du conseil général qui circule depuis quelques jours via Internet.

   Une hausse qui, si elle se confirmait, tomberait au plus mal en cette période de disette budgétaire.

   Derrière ce chapitre du budget de l’institution départementale se cachent les dépenses relatives au statut des élus et les dépenses de communication et de promotion du département.

   La première catégorie comprend les indemnités de fonction des 34 conseillers généraux, leurs frais de déplacement, de mission, de formation, les cotisations afférentes à leur retraite complémentaire, les cotisations à l’URSAAF et au fonds d’allocation de fin de mandat.

   Les dépenses de communication regroupent notamment la publication du magazine Jura mag, les campagnes de communication, l’organisation des réunions publiques, les frais de représentation du président et des vice-présidents ou encore l’organisation de réceptions à l’Hôtel du Département.

   S’agissant de la première catégorie, hormis les frais de déplacement du président Perny, dont on sait qu’il voyage beaucoup depuis 2011, les autres postes varient habituellement peu d’une année sur l’autre. Ce n’est donc sans doute pas de ce côté là qu’il faudrait chercher l’origine d’une telle augmentation des dépenses.

   Par contre, les jurassiens n’ont pas manqué de remarquer que depuis deux ans et demi, les réceptions et autres buffets se sont multipliés au sein de l’Hôtel du Département. Le crémant coule en effet à flot rue Rouget de Lisle et les commandes de petits fours ont explosé depuis 2011. Au diable la crise, toutes les occasions sont bonnes pour festoyer au conseil général.

   Outre les banquets, les dépenses de communication ont suivie la même tendance à la démesure. Publication de 5 numéros par an du magazine Jura Mag contre 4 sous l’ancienne majorité, lancement d’un très chic magazine intitulé EcoMagJura, tout à la gloire du Roi du Jura, organisation de rendez-vous citoyens qui ne rassemblent que quelques dizaines de visiteurs, multiplication des campagnes de publicité et des supports de communication couleur fuchsia... Le goût prononcé pour la com du leader de gauche commence à coûter fort cher aux contribuables !

   Même chose pour les notes de frais et de représentation du président. Nombreux sont les lédoniens à avoir noté la forte propension de leur conseiller général à user, et même à abuser, des terrasses des restaurants de la ville préfecture au moindre rayon de soleil à l’heure du déjeuner. Si, les mets servis par les brasseries lédoniennes sont plus gouteux que ceux de la cantine départementale, pour le contribuable la facture de ces agapes pourrait avoir un gout amer si c’est son argent qui sert à régler l’addition !

   S’ajoute à cela une forte propension au bling-bling, au clinquant et à au choix puéril de teindre de rose fuchsia tout ce qui touche au conseil général jusqu’aux pots de fleurs et autres banquettes installées dans le hall de l’Hôtel du Département. L’utilisation à l’année d’une DS4 du conseil pour son usage personnel n’est pas non plus le meilleur signe d’une bonne gestion des deniers publics.

   Le budget attribué au cabinet avait déjà enregistré une progression de 15 % entre 2011 et 2012 passant de 1,7 à 2 millions d’euros. Pour 2013, celui-ci pourrait donc atteindre 2,4 millions. Un chiffre encore jamais atteint par l’institution départementale. C’est plus que les crédits consacrés par le département à l’agriculture ou au NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Télécommunication).

   En pleine crise économique et au moment ou le Gouvernement saigne les Français à coup de taxes et d’impôts nouveaux de toutes sortes afin de remplir les caisses de l’Etat, l’exemple donné par la majorité de gauche au conseil général du Jura n’est pas du meilleur effet.

    Mais que les contribuables se rassurent, Christophe Perny assume. L’élu n’est pas homme à s’émouvoir de ce genre de détails. Droit dans ses bottes, il trouvera une bonne explication pour justifier cette explosion des dépenses somptuaires qui ne profitent guère aux jurassiens. Il expliquera, urbi et orbi, comme il le fit en juillet 2012 sur sa page Facebook, que les petits fours ce sont « des emplois pour faire les petits fours, des emplois pour servir les petits fours... » Il ajoutait encore à l’époque : « Ces budgets sont utiles, le tout est de rester dans la mesure, c'est ce que je fais. Croyez moi les finances du conseil général sont saines comme jamais. Rigueur, responsabilité, vous pouvez me faire confiance... Je sais que la crédibilité passe par la gestion. Je serai au rendez vous de la bonne gestion... Avec les petits fours !! Ces budgets sont utiles, le tout est de rester dans la mesure, c'est ce que je fais. Croyez moi les finances du conseil général sont saines comme jamais. Rigueur, responsabilité, vous pouvez me faire confiance ... Je sais que la crédibilité passe par la gestion. Je serai au rendez vous de la bonne gestion ... Avec les petits fours ! » Les petits fours pour quelques-uns et les impôts pour tous les autres !